28.10.2008

Vers le retour de l'information d'Etat?

b93bd868-a4be-11dd-9bb0-63977e2b23c5.jpgA l'heure où le projet de loi sur le financement de la télévision publique est en discussion, le patron du Service d'information du gouvernement Thierry Saussez souhaite créer une «émission de communication», diffusée «dans l'idéal» sur le service public. Mais pas question de faire de la propagande, promet-il. Mais peut-il réellement en être autrement, lorsque l'on travaille pour le même gouvernement?

Il propose la création d'une «émission de communication gouvernementale à la télévision». Thierry Saussez a rappelé que l'Etat menait des campagnes d'information «depuis 30 ans» sur des thèmes tels que la sécurité routière et l'environnement. Il a souhaité que sous sa direction, le SIG adopte de nouveaux moyens de communication. «Je ne suis pas obligé de faire des spots de publicité Je peux chercher d'autres solutions qui soient plus rapides et plus interactives».

Evidemment, maintenant qu'ils en seront plus diffusé sur les chaines publiques, l'impact ne sera pas le même!!!.

Pour Carole Petit, déléguée SNJ de France Télévisions, qui s'est dite «sidérée», «ce genre de proposition est très grave. C'est de la communication officielle et c'est comme si les journalistes ne faisaient pas leur métier d'explication. Quand on voit déjà la pression qui existe dans la loi sur l'audiovisuel avec la désignation-révocation du président de France Télévisions par l'exécutif, on n'est pas surpris par ce genre de proposition».

Mais ce que l'on sait moins, c'est que Thierry Saussez devrait disposer d'une confortable enveloppe budgétaire pour 2009, travaille sur d'autres projets actuellement. Le gouvernement disposera ainsi d'ici le mois de décembre de sa propre Web-TV, où l'on «pourra y retrouver l'actualité du gouvernement en images, des conférences de presse, des dossiers». Coût du projet, qui devrait s'inspirer du site de l'Elysée ou de la NS-TV pendant la dernière présidentielle : 2 millions d'euros la première année, comme il l'avait confié au Parisien. «Nous ne serons pas en concurrence avec France Télévisions», avait également assuré celui qui voulait «faire buzzer les réformes»

A défaut d'être en concurrence avec le service public, le gouvernement pourrait tout simplement en occuper une partie de l'antenne…
Bref, à l'heure de la crise financière et désormais de ses effets sur l'économie réelle, une telle annonce est particulièrement déplacée.

Mais jusqu'où le gouvernement compte-t-il aller dans la surenchère de la communication? Après les arrangements entre amis dénoncés dès l'été 2007 par françois Bayrou, après le démentèlement du service public de la télévision, voilà que la propagande est en train de s'installée, sournoise et dangeureuse!