08.11.2008
Du bio dans nos cantines!

Tout juste sorti dans les salles, le film « Nos enfants nous accuseront » de Jean-Paul Jaud fait figure d'événement.
En retraçant le drame sanitaire, lié aux pesticides, qui a frappé le village de Barjac, l'auteur montre aussi que l'agriculture intensive n'est pas une fatalité. Le village a en effet décidé de réagir en passant à l'agricluture biologique et démontre que cette conversion est possible.
« Passer au bio »
Barjac, dans le Gard, au pied des Cévennes. Cette cité de 1401 âmes constitue a priori un cadre idéal : de beaux paysages, une nature luxuriante, un air pur, des produits sains… Une ombre vient pourtant assombrir le tableau des Barjaquois. Dans la région, comme dans de nombreuses zones agricoles en France, on constate depuis quelques années une recrudescence des cancers, notamment chez l’enfant. Edouard Chaulet, conseiller général du Gard et maire de Barjac, prend conscience que les terres de ses administrés sont polluées par trop de chimie agricole. A la rentrée 2006, et bien avant les objectifs du Grenelle sur le sujet, il décide de faire passer les cantines de sa commune au bio.
Dans son documentaire « Nos enfants nous accuseront », Jean-Paul Jaud a suivi, pendant un an, le parcours du village dans sa conversion au bio. Barjac possède une cuisine centrale, qui réchauffait et distribuait des repas surgelés aux cantines de quatre écoles, et à certaines personnes âgées de la région. Aujourd’hui, avec le concours des cuisiniers, elle prépare l’intégralité des 200 repas journaliers à partir de produits issus de l’agriculture biologique et provenant de la région. « Le but est de tendre vers le bio, mais c’est aussi de faire une alimentation de qualité au quotidien, avec le plus possible d’approvisionnement local ou de proximité » explique le docteur Stéphane Veyrat, directeur de l’association « Un plus bio ».
La preuve que passer au biologique est faisable
La principale crainte des parents a été le surcoût de l’opération. Militant, Edouard Chaulet s’insurge : « La santé, ça n’a pas de prix. Ça avait un coût de faire chauffer le sang contaminé, alors on ne l’a pas fait. Combien ça a coûté, en argent et en drame humain ? ». La municipalité est claire sur sa politique, « ne surtout pas faire passer les comptables d’abord ». Et elle n’a pas augmenté le prix des repas dans les cantines. L’idée que le bio était trop cher, présente dans l’esprit des Barjaquois, comme dans celui des Français, a été nuancée. Sensibilisés par leurs propres enfants, les habitants de la région se sont ouverts au bio. Leur portefeuille n’en a pas maigri pour autant. Et pour cause : l’initiation à l’agriculture biologique a poussé certaines familles à changer fondamentalement leur mode de consommation. « Les produits sont peut-être un peu plus chers, mais les boutiques qui les vendent proposent un nombre limité de produits. On a beaucoup moins de choix, on achète l’essentiel seulement. Donc financièrement, c’est pareil » analyse une mère de famille barjaquoise.
Généraliser le bio est donc non seulement faisable, mais surtout urgent. Ce pourrait être la conclusion du film de Jean-Paul Jaud. Plusieurs témoignages sont poignants. Un viticulteur raconte ses problèmes neurologiques et le cancer de son fils, consécutifs à son utilisation de produits chimiques. Un agriculteur avoue qu’il ne mangerait pas les légumes qu’il produit. Une exploitante décrit les saignements de nez dont est victime son mari à chaque traitement chimique. « Un ami nous raconte qu’à chaque fois qu’il traite ses vignes, il n’arrive plus à uriner pendant huit jours » ajoute-t-elle. Une autre évoque la leucémie de son fils, et des nombreux cas similaires dans son entourage. Confirmation du professeur Charles Sultan, éminent endocrinologue pédiatrique au CHU de Montpellier : « Nous avons des enfants du Gard, de l’Hérault, du Languedoc, de Camargue, qui ont des malformations quelques fois graves parce que leurs parents vivent, par exemple, dans des rizières où l’on épand des produits chimiques par avion ». Inquiets des longues listes de phytosanitaires utilisés par les agriculteurs, le professeur soutient qu’ « on joue avec la santé de nos concitoyens ».
Rappelons, enfin, qu’un des objectifs du Grenelle de l’environnement est d’imposer 15% de repas bio dans la restauration publique d’ici 2010 et 20% d’ici 2012. Dans les écoles, le changement devrait se faire en douceur, avec l’introduction d’un repas bio par semaine. Selon un sondage TNS Sofres de juin 2008, 71% des Français jugent « prioritaire » l’introduction du bio dans les cantines scolaires.
C'est ce que je viens de demander à la municipalité de Montpellier!
16:55 Publié dans Vie Municipale | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


Commentaires
J'irai voir ce film ! Merci.
Je travaille depuis des années sur l'éducation du jeune consommateur (dont un livre qui n'a pas été publié).
La société de consommation est un thème de reflexion ancien. et pourtant si mal pris en compte.
Je vous renvoie à un article récent que j'ai publié http://www.sylvaincanet.fr/2008/10/ceci-est-une-po.html
A nous de rendre la vie plus belle.
1 repas bio par semaine ? je prends et je relais sur ma commune.
Amitiés
Ecrit par : Sylvain Canet | 08.11.2008
Tenez-nous au courant de la réponse de vos partenaires de la majorité municipale. Réponse qui, n'en doutons pas, va vous parvenir très rapidement.
Et si, d'aventure, ce n'était pas le cas, comptez sur Montpellier journal pour vous interroger sur le sujet.
Jacques-Olivier Teyssier
Ecrit par : Montpellier journal | 10.11.2008
Très interessant, catherine! je t'invite à venir nous parler de ta démarche à la commission Education que j'anime au Mouvement Démocrate. Nous pourrons étendre l'info aux autres élus MoDem et les encourager à agir comme toi dans leur commune....
Ecrit par : odette Guiraudou | 19.11.2008
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